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Démission : comment négocier son préavis ?

PUBLIÉ LE 12 OCTOBRE 2020·LECTURE 7 MIN·POUR LES TALENTS

La réponse courte : aucune durée de préavis n’est fixée par le Code du travail pour une démission — seuls votre convention collective ou votre contrat de travail en prévoient une, en général de deux à trois mois en CDI. Elle se négocie : votre employeur peut vous en dispenser, totalement ou en partie. Voici comment vous y prendre.

Négociez toujours !

Le préavis après une démission n’est pas inscrit dans le marbre. Il est en général de deux à trois mois dans le cadre d’un CDI. Néanmoins, en fonction de votre convention collective ou de votre contrat de travail, la durée peut changer.

La négociation n’est bien évidemment pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée, d’autant plus si vous avez accepté un nouveau poste et que vous souhaitez passer à autre chose rapidement. Qui ne tente rien n’a rien ! Si vous ne demandez pas à réduire votre période de préavis, il y a des chances que votre employeur ne vous le propose pas spontanément. Dans tous les cas, il est libre de vous accorder cette dispense ou non.

En cas de rupture conventionnelle, la notion de préavis n’existe plus vraiment car l’employé et l’employeur se mettent d’accord sur une date de départ. Il existe tout de même des délais légaux à respecter : une rupture conventionnelle ne peut pas se faire du jour au lendemain.

Il existe des cas dans lesquels vous êtes dispensé de préavis :

  • Les femmes enceintes sont automatiquement dispensées d’une période de préavis, sur présentation d’un certificat médical.
  • Vous êtes également exempté si vous avez adopté un enfant ou si vous démissionnez pour vous consacrer à l’éducation de vos enfants.
  • Si vous avez bénéficié d’un congé pour la création d’entreprise, vous en êtes dispensé.
  • Dernier cas : les journalistes qui font jouer la clause de conscience n’effectuent pas de préavis.

Profitez de l’accord de votre employeur

Certaines entreprises n’ont pas l’intention de garder un employé sur le départ pendant plusieurs mois — soit en raison des circonstances de votre démission, soit parce qu’elles considèrent que vous avez déjà un pied ailleurs.

Il est également fréquent, dans les entreprises de service (ESN, anciennement SSII), que votre employeur n’ait aucun intérêt à vous garder si vous êtes en période d’inter-contrat.

Dans ce cas, elles peuvent décider que le préavis n’aura pas lieu, sans que vous ne le demandiez. Si la demande provient de l’employeur, vous serez indemnisé en touchant le salaire que vous auriez perçu si vous étiez resté : c’est l’indemnité compensatrice de préavis.

Négociez avec tact, mais actez votre démission

Si vous n’avez pas d’autre choix que d’y aller à pas de loup, prenez rendez-vous avec votre employeur (ou votre supérieur hiérarchique direct) et parlez-lui de votre intention de démissionner. Votre honnêteté et votre cran parleront pour vous : vous créerez les conditions idéales pour négocier sereinement la réduction de votre préavis.

Il est aussi important d’acter votre démission (voir « 5 étapes à suivre pour bien démissionner »), car c’est la date de prise en compte de votre démission qui lance le compte à rebours du préavis. Si vous ne parvenez pas à négocier sa durée, vous serez au moins assuré d’être libre de tout engagement à une date maximale connue.

Le récap du préavis

  • Il n’existe aucune durée de préavis fixe dans le Code du travail. Seuls la convention collective ou le contrat de travail peuvent indiquer une durée.
  • Le préavis, même inscrit dans ces documents, reste modifiable par une négociation et une décision de l’employeur.
  • Le salarié peut demander à réduire son préavis, mais la décision revient toujours à l’employeur.
  • En cas de rupture conventionnelle, le salarié n’a pas de préavis à effectuer. Il peut néanmoins demander à rester.
  • Si l’entreprise ne souhaite pas garder son employé démissionnaire pendant le préavis, elle peut choisir de s’en séparer, en payant une indemnité correspondant au salaire et aux avantages qu’il aurait dû toucher.
  • En cas de départ volontaire avant la fin du préavis sans accord de l’employeur, le salarié s’expose à des poursuites aux prud’hommes.
  • Mieux vaut rester honnête avec son employeur et expliquer avoir trouvé un nouveau poste avant de négocier son préavis.
  • Si vous ne pouvez pas partir malgré un poste qui vous attend, assurez-vous que votre futur employeur est prêt à vous attendre 2 ou 3 mois — d’où l’intérêt d’une promesse d’embauche.

En résumé, la négociation de préavis demande de l’habileté et de la diplomatie. Tout dépend aussi, évidemment, de votre relation avec l’entreprise que vous quittez.

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