Être freelance : la liberté a-t-elle un prix ?
Ces dernières années, les professionnels du numérique, à commencer par les développeurs, ont révolutionné le statut de travailleur indépendant. Devenu tendance, porté par les opportunités de travail dans la plupart des secteurs, le freelancing a aussi émergé grâce aux plateformes de mise en relation avec les entreprises. Le lien n'a jamais été aussi simple entre les indépendants et les entreprises : ce ne sont plus les freelances informatiques qui cherchent les entreprises, mais l'inverse.
Les études des plateformes spécialisées dans les freelances du numérique (Malt en tête) ont permis de cartographier leur évolution : en 10 ans, leur nombre a augmenté de 145 % en France pour atteindre 930 000 freelances de la tech en 2019. À titre de comparaison, aux États-Unis, les freelances représentaient déjà 35 % des actifs. Parmi tous ces profils, il existe des statuts différents qui recouvrent autant de diversités financières : autoentrepreneur, SASU, EURL, EIRL, etc.
Les avantages à être développeur freelance
- La liberté et la flexibilité : pouvoir choisir pour quelle raison se lever le matin. Vous sélectionnez vos clients, vos projets, selon votre spécialisation. Vous êtes libre de déterminer votre TJM (tarif journalier moyen) et, en principe, vous avez la main sur votre organisation et votre planning. Cerise sur le gâteau : télétravail, voire coworking. En résumé, vous êtes votre propre patron.
- La rémunération : le temps où les freelances étaient payés au lance-pierre est bien révolu. Les développeurs en particulier parviennent à se reverser l'équivalent d'un salaire très intéressant : atteindre ou dépasser 70 000 € net par an n'est plus exceptionnel. À cela s'ajoute la possibilité de déduire les frais professionnels selon le statut. Il est cependant important de déterminer en amont quelles seront les charges et taxes à payer : en SASU par exemple, les charges sociales peuvent dépasser 65 % des montants perçus.
- La valorisation de son expertise : le statut de freelance oblige à devenir polyvalent, entre le travail en lui-même et la partie administrative et organisationnelle. Il permet aussi de réaliser son souhait d'entreprendre et d'être reconnu en tant qu'expert sur le marché.
Les inconvénients
Le statut freelance ne convient pas à tout le monde. Pour se lancer, vous devez avoir un minimum d'expérience : être freelance demande avant tout de prouver une expertise — c'est pour cette raison que les entreprises font appel à ce type de profil. D'autres inconvénients peuvent freiner vos envies de liberté :
- La solitude : en tant que freelance, vous devez tout porter sur vos épaules, ce qui nécessite une autodiscipline constante (livrer dans les délais, faire sa comptabilité, etc.). Devenir indépendant entraîne une perte de lien social et un isolement qu'il faut savoir anticiper. Le freelancing est aussi souvent marqué par un manque de considération : une entreprise fait appel à vous et, aussitôt la mission terminée, le lien se rompt — heureusement pas systématiquement.
- Les difficultés commerciales et administratives : être indépendant demande d'acquérir en permanence de nouveaux clients. Cela implique de savoir se vendre, négocier et défendre ses intérêts, ainsi que de se spécialiser pour être attrayant. N'oubliez pas les aspects de comptabilité, de gestion de projets et de contrats clients qui demandent du temps — parfois les soirs et les week-ends.
- La précarité : pas forcément financière — beaucoup de développeurs freelances gagnent très bien leur vie. Et pourtant : allez demander un prêt bancaire avec ce statut, ou convaincre un propriétaire. Rien n'est impossible, mais sans le sésame CDI, les portes se referment vite. C'est aussi abandonner les avantages des entreprises (CE, mutuelle), avec une insécurité des revenus qui empêche de se projeter et un chômage inexistant en cas de perte d'activité.
Travailler en CDI : le prix de l'engagement ?
Les avantages du CDI par rapport au statut freelance
Depuis les différentes crises qui ont secoué le marché de l'emploi, la plupart des actifs considèrent encore le CDI comme le Graal.
- La stabilité et la sécurité : être salarié en contrat à durée indéterminée garantit — a priori — un emploi sûr et des revenus stables sur le long terme. L'entreprise apporte aussi des avantages incomparables : une mutuelle, le droit au chômage par ses cotisations, qui comprennent aussi la retraite et la prévoyance.
- L'évolution de carrière en interne : voilà bien un avantage que les freelances ne voleront pas aux salariés — la promotion au fil des ans. Un salarié peut faire une carrière ascendante au sein de l'entreprise, ou en évoluant de poste en poste ailleurs. Il peut régulièrement négocier son salaire à la hausse.
- Le cadre et le confort : dans l'entreprise, en règle générale, les process sont définis. S'ajoutent le comité d'entreprise et tout ce que cela suppose (réductions, chèques cadeaux, vacances…), les tickets restaurant, l'accès facilité aux formations, le remboursement des transports. Par ailleurs, il est de plus en plus facile de négocier du télétravail avec sa direction : le remote tend à se démocratiser et n'est plus réservé aux seuls freelances.
- Le lien social : discuter à la machine à café, travailler en équipe — voilà le fondement du travail en entreprise. Lorsque tout se passe bien, il s'agit d'un lieu de convivialité, de bien-être et de reconnaissance des tâches accomplies.
Les inconvénients du CDI
Le CDI plaît aux parents, aux propriétaires et aux banquiers, mais il a aussi quelques inconvénients :
- Un engagement plus fort et une liberté limitée : vous êtes salarié d'une entreprise de manière contractuelle et devez obéir aux règles. Si vous souhaitez partir, vous serez soumis à un préavis de rupture de contrat. L'engagement est plus long, avec généralement moins de diversité dans les missions : si l'ennui vous guette sur un projet freelance, il s'achèvera — ce n'est pas le cas en CDI. Ce contrat entraîne aussi moins de liberté dans le planning ou les choix techniques et managériaux.
- Des problématiques relationnelles et humaines : être en CDI, c'est devoir répondre à un N+1, à un patron, et savoir être diplomate pour ne pas se mettre à dos ses collègues — même si être freelance demande aussi un certain sens de la diplomatie…
- L'obligation de se conformer : la culture et l'image de l'entreprise, avec leurs codes et parfois leurs rituels (onboarding, team building, etc.), ne séduisent pas tous les profils. Les personnalités réfractaires à la notion de groupe ont plus souvent tendance à choisir l'univers freelance ; les autres se sentent au contraire parfaitement à leur aise dans celui du CDI.
Pour choisir votre prochain contrat, freelance ou CDI, posez-vous surtout les bonnes questions : êtes-vous heureux dans votre poste actuel ? Quelles sont vos forces et faiblesses ? Avez-vous l'âme d'un entrepreneur ? Avez-vous assez de compétences techniques et un réseau assez étendu ? Quelles sont vos priorités professionnelles et personnelles ? Pour en discuter au cas par cas, n'hésitez pas à contacter gratuitement un de nos experts qui vous fera un retour personnalisé.